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Le grand défi américain

David Moschella, chercheur à la CSC (Computer Sciences Corporation), en convient : « il n'existe toujours pas de scénario crédible pour un management en toute sécurité de la production globale de DEEE aux Etats-Unis ». Des milliards d'ordinateurs, de téléphones mobiles et autres appareils électroniques continuent donc de poser des problèmes écologiques importants de l'autre côté de l'Atlantique, dans l'un des berceaux mondiaux de la high-tech.

Vers une harmonisation


Des acteurs commencent toutefois à prendre conscience qu'il en va de leur réputation et plus encore de leur responsabilité environnementale, la production de D3E ayant par ailleurs bondi de 66% outre-Atlantique entre 2000 et 2008.

Lancée au printemps dernier à l'initiative de l'ONG Basel Action Network (BAN), qui lutte contre l'exportation illégale de D3E nuisible des États riches vers les pays en développement (PED), et déjà en vigueur dans l'Union Européenne (UE) depuis quelques mois, la certification E-Stewards pourrait amener une augmentation significative des taux de recyclage.

Autre décision encourageante : la création l'an passé de l'eCycling Leadership Initiative, promise à devenir, à terme, la pierre angulaire du retraitement des déchets électroniques aux États-Unis.

« À travers elle, l'industrie électronique évolue vers une solution nationale très éloignée des coûteuses et déroutantes régulations fédérales », commentait le vice-président du département des affaires environnementales et de l'industrie durable au sein de la Consumer Electronics Association (CEA) Walter Alcorn en avril dernier.

De nombreux détails restent à régler


Les bases d'une harmonisation sont donc jetées, et si le Parlement américain tarde à procéder à des aménagements significatifs de la législation encadrant les DEEE - à l'exception notable d'une interdiction de leur exportation dans les pays en développement (PED) - des fabricants et des détaillants du secteur (dont Panasonic, Sony et Toshiba)réunis au sein de la CEA viennent de frapper un grand coup en annonçant un objectif de collecte d'un milliard de livres (environ 450 000 tonnes) de déchets électroniques à l'horizon 2016.

Pour ce faire, ils vont se focaliser sur la sensibilisation des consommateurs, à accroître le nombre d'installations dévolues à la collecte et à appuyer l'évolution vers une nouvelle certification. Les leaders de l'industrie électronique commencent donc progressivement à réaliser l'importance des enjeux.

Seuls bémols, mais de taille : on ignore avec exactitude quelles entreprises œuvreront à la réalisation de l'objectif précité et quels seront les produits qu'elles collecteront. De même cette initiative ne garantit pas des moyens supplémentaires pour lutter contre le trafic de D3E vers les PED.

L'intention est là. Reste maintenant à affiner la réflexion...

« Le saviez-vous ? » :


Une batterie et des circuits intégrés fabriqués entre autres à partir d'antimoine, d'arsenic, de cadmium et de zinc, une coque généralement conçue à partir de polycarbonate (PC) (NDLR : un matériau dont l'innocuité est aujourd'hui contestée en raison des particules de bisphénol A qu'il peut libérer et complexe à retraiter dans la mesure où il contient des agents ignifuges bromés) et/ou d'acrylonitrile butadiène styrène (ABS) (thermoplastique), des cristaux liquides susceptibles de contenir des substances toxiques comme le mercure : on ne jurerait pas que l'ensemble des éléments constitutifs des téléphones portables ne présentent aucun risque pour la santé.

Regorgeant de métaux lourds (bien qu'en quantités limitées), ils sont aussi particulièrement difficiles à recycler. Le retraitement suppose un démantèlement de toutes les composantes. L'argent et l'or contenus dans les circuits intégrés peuvent par exemple être réutilisés dans la joaillerie. Certains métaux entrant dans le processus de fabrication des batteries comme le nickel-cadmium et le mercure peuvent aussi prétendre à une deuxième vie.

  
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Tonnes de déchets électriques collectés depuis janvier 2020